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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 16:14

 

Meze est une petite ville d'une population équivalente à celle de Champagnole, située en bordure de l'étang de Thau. Elle a choisi de traiter ses eaux usées par un lagunage. Fin des années 70 j'ai visité cette installation et proposé que cette solution soit adoptée à Champagnole et Lons le Saunier.

 

Dans une station d'épuration classique, comme dans un lagunage, le principe est le même : des bactéries dégradent des matières organiques en sels minéraux.

Dans un lagunage l'énergie solaire transforme, via la photosynthèse, ces phosphates et nitrates en matières organiques : roseaux et joncs, plantes compostables.

La station d'épuration, elle, fonctionne à l'électricité et rejette dans le milieu naturel phosphates et nitrates. Ces derniers sont aujourd'hui traités dans une unité de dénitrification, elle aussi énergivore, dont il serait intéressant de connaître le rendement.

Les analyses des eaux « épurées » devraient nous renseigner sur leur teneur en sels minéraux.

On détecte et déplore aujourd'hui la prolifération de cyanobactéries. Celle-ci est favorisée par la présence de phosphates.

N'attendait-on pas de la présence d'une station d'épuration une amélioration de la qualité de l'eau dans la rivière ? Le contraire s'est produit.

Mais pourquoi donc, s'interrogent les naïfs, avoir préféré une solution chère, gourmande en énergie et hostile au milieu naturel à une autre, solaire, propre, et tellement moins coûteuse.

Oserions-nous supposer que c'est justement le fait de coûter peu qui ne permettait pas de réaliser d'importants profits au bénéfice des constructeurs.

Ainsi la société VEOLIA, suppléée par SUEZ, a pollué notre rivière.

 

Les champagnolais ne sont-ils pas en droit d'avoir la réponse à quelques questions ?

 

-Quel et le rendement du réseau de distribution ? Celui-ci est le rapport entre le volume d'eau qui est introduit dans le réseau et celui qui est effectivement distribué. Il dépend évidemment de l'importance des fuites. Une surveillance et un entretien du réseau s'avèrent aujourd'hui indispensables.

-Quelle somme VEOLIA investit-elle dans l'entretien de ce réseau ?

-Quels sont les profits annuels des 2 sociétés délégataires, VEOLIA pour la distribution et SUEZ pour l'assainissement.

-Quelle est la teneur exacte en nitrates et phosphates de l'eau en sortie de station ?

-Là où la gestion est publique le prix de l'eau est-il plus élevé et le réseau moins performant ?

 

L'objectif d'une régie étant de servir la collectivité et non pas de vendre plus d'eau, elle pourrait promouvoir des économies et instituer un tarif progressif.

Seraient distinguées l'eau « vitale », les 30 premiers m3 quasiment gratuits, puis l'eau « utile », et enfin l'eau de « confort » (piscine, lavage de voitures..).

Si la collectivité en assurait la gestion, les élus qui comptent parmi eux le président de la Gaule Champagnolaise n'auraient-ils pas l'idée de créer un lagunage où les eaux épurées par la station iraient enfin se débarrasser de leurs phosphates et nitrates.

L'eau est un bien commun. En confier la gestion à une société privée est un geste politique contestable, plus encore aujourd'hui qu'hier.

 

Michel Moreau

Ex conseiller Régional et Général

Président-fondateur de l'AJENA

Le 12/08/2022

 

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 15:38

 

 

C'était une promesse du candidat Macron : la réforme des retraites. Il ne précisait pour quel quinquénnat il l'envisageait. Mais il était évidemment motivé par le désir de promouvoir plus de justice sociale.

L'idée numéro était que chaque euro versé abonde de façon strictement égale la retraite du travailleur quel que fut son domaine d'activité.

A moins de bénéficier d'un régime très avantageux, on ne peut qu'adhérer à cette façon de voir.

Allons jusqu'au bout du raisonnement. Nous proposons donc de mettre toutes les cotisations retraite dans la même caisse et de diviser celle-ci par le nombre des retraités. Voilà donc une redistribution des richesses bienvenue.

« Injustice ! » clameront ceux qui bénéficient d'une grosse retraite. Ne devons-nous pas percevoir en fonction de ce que nous avons versé ?

C'est un point de vue défendable, bien sûr .  Nous pensons aussi que ceux qui ont cotisé moins ont souvent travaillé plus dur et plus longtemps. Les revenus des bénéficiaires de retraites confortables leur ont aussi permis de faire quelques économies, d'acquérir quelques biens.

Et que l'on n'ait plus le droit d'être pauvre au-delà de 60 ans ne constitue t-il pas un réel progrès social, vers un peu plus d'égalité et de fraternité ?

On peut toujours rêver. Mais l'exemple nous vient d'en haut. Dans un autre domaine, Macron, encore lui, ne rêve-t-il pas d'utiliser la fission nucléaire, qui produit à l'échelle mondiale avec 500 réacteurs 2% de l'énergie consommée, pour stopper le réchauffement climatique ?

 

Michel Moreau  

 

 

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 15:38

 

 

« Le Jura, terre d'innovation ». C'était le sujet d'un article du Progrès de Thierry Dromard dans les années 80. Le gymnase de St Lupicin, l'atelier de Jura Energie Solaire à Colonne, étaient chauffés par le soleil. Ma maison à Champagnole était équipée d'un plancher solaire direct et d'un chauffe eau solaire. Le Chalet Gaillard passait de la lampe à huile à l'électricité produite par photopiles,... L'AJENA,, créée en 1981, était le moteur de ce changement. Si vous m'aviez dit alors que 40 ans plus tard on utiliserait encore du gaz, du fuel ou de l'électricité pour chauffer l'eau quand brille le soleil, je ne vous aurais pas cru.

Le mouvement écologiste se développait et après René Dumont, un alsacien se présentait à la présidentielle. Il avait milité contre la construction de la centrale de Fessenheim. Je m'étais lié d'amitié avec Antoine Waechter, lui avais procuré plus de 50 parrainages de maires franc-comtois, et accueilli à Champagnole dans le cadre de sa campagne.

Et c'est bien le même Antoine qui, à ma grande surprise, vint à Poligny à la demande de militants anti-éoliens, animer une réunion publique contre l'extension du site de Chamole.

Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, Fukushima appartiennent désormais à l'Histoire, même si le césium est encore bien présent dans le sol du Jura ainsi que l'ont démontré les mesures de radioactivité réalisées en 1988, après l'explosion de la centrale de Tchernobyl, puis 30 ans plus tard sur des échantillons de terre que j'avais prélevés en bordure du lac de Clairvaux.

Le nucléaire est aujourd'hui en France présenté, à grand renfort de publicité, comme la solution pour stopper cet effet de serre, résultat des émission de CO2 de nos transports, de nos chauffages, de l'agrochimie industrielle... et bien sûr de nos centrales thermiques.

Et question production d'électricité nucléaire, nous sommes les champions avec 75 % de l'électricité produite par la fission de l'atome d'uranium. Et l'électricité étant 20% de l'énergie consommée en France, le nucléaire en produit donc 15% .

Les 500 réacteurs fonctionnant sur la planète, dont bon nombre sont sur le point d'être arrêtés, la grande majorité des pays tournant le dos au nucléaire, produisent 2% de l'énergie mondialement consommée.

Choisissons la voie du maître de l'Elysée  pour atteindre la fin des émission de CO2 en 2050 : un mix énergies renouvelables et nucléaire.

Pour atteindre les 50% d'électricité nucléaire, il faudra multiplier d'un facteur 3 la capacité actuelle, donc passer de 50 à 150 réacteurs de puissance équivalente. Au niveau mondial c'est d'un facteur 25 qu'il faudra augmenter la capacité de production.

Comment construire 12500 nouveaux réacteurs, les alimenter, les entretenir, les démanteler en fin de vie, les protéger, gérer leurs déchets... ?

Rassurez-vous, les réserves de minerai d'uranium ne seront jamais à la hauteur.

Bien sûr on peut espérer des progrès en matière de sobriété énergétique : l'automobile réservée aux personnes à mobilité réduite sur les trajets courts du quotidien, la ligne des Hirondelles revivifiée, les HLM équipés de capteurs thermiques...

Mais la population mondiale stagnera-t-elle ? Les pays sous-développés le resteront-ils ? Et n'envisage-t-on pas de réindustrialiser la France ? Les chiffres cités sont des faits. Proposer le nucléaire comme l'alternative au changement climatique est invraisemblable.

Macron, homme de lobbies, utilise l'idée de produire une énergie décarbonée, le nucléaire, pour lutter contre le réchauffement et ainsi relancer une industrie en perte de vitesse, mais il connaît certainement les limites de son raisonnement.

Quant à Antoine Waechter, en bon écolo, il rêve.

 

Michel Moreau  

http://michel-moreau.over-blog.com/

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 11:02

 

Comment ne pas éprouver admiration mêlée de respect pour un grand défenseur des libertés : le président du Conseil Départemental et de la ComCom.

Edouard Philippe voulait empêcher les automobilistes de rouler à 90 sur route. Et on parlait de limiter la vitesse à 110 sur autoroute.

Par bonheur des élus responsables se sont élevés contre cette intolérable atteinte aux libertés publiques. Dont Clément Pernot, qui ne recule pas devant l'effort physique. On a pu voir le leader du Jura planter lui-même un panneau 90 sous le regard ému des électeurs automobilistes .

Certains se sont bien sûr livrés à un sot calcul. Selon eux, passer de 80 à 90 gonflerait d'environ 10% la consommation de carburant. Ainsi pour 1 million de kilomètres, la distance parcourue en moyenne par 70 automobilistes annuellement, ce serait 6000 litres de carburant en plus transformé en CO2.

 

Mais n'est-ce pas là une goutte d'eau dans la masse des gaz à effet de serre émis par l'habitat, les croisières et autres trajets aériens intercontinentaux.

Et n'ont-ils pas compris que lorsque l'on roule moins vite :

1 - on pollue plus longtemps

2 - on perd 3 minutes sur le trajet Champagnole-Lons

3 - déconcentré, on s'endort au volant. Et on se réveille, ou non, embrassant un poteau, ou mieux et plus vert, un solide tilleul.

 

Et ce réchauffement climatique qui asséchera les pays tropicaux ne transformera t-il pas l'Islande en terroir à Champagne et la Sibérie en immense terre nourricière , qui se peuplera de noirs, devenus colons d'un nouveau genre, juste retour des choses.

Le président du Jura a tout compris.

 

Michel Moreau le 7 septembre 2020

 

 

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 10:06

Nucléaire, énergie d'avenir ?

 

Tel est l'avis du président Macron qui vient de nommer ministre de l'énergie Barbara Pompili, laquelle pense le contraire.

Cette promotion a-t-elle fait évoluer sont point de vue ? Si tel n'est pas le cas, une opposition sur un sujet aussi central entre le président et sa ministre augure mal de l'avenir de cette dernière. A moins bien sûr que ne change la position du chef de l'Elysée.

Et la ministre peut y contribuer. Comment ? En prenant l'initiative d'un grand débat national sur ce thème.

 

Il s'agira de comparer les avantages et inconvénients de 2 scénarios :

 

D'abord la poursuite d'un programme électro nucléaire couvrant 50% de nos besoins en électricité. C'est-à-dire entre 10 et 12% de l'énergie consommée en France, le nucléaire produisant 75% de l'électricité qui compte pour 20% de l'énergie totale, c'est-à dire 15% de nos besoins énergétiques. Au niveau mondial le nucléaire pèse entre 2 et 3%.

 

Le second scénario reposera sur 2 bases :

1 : la maîtrise de l'énergie dans le bâtiment, les transports, l'industrie, l'agriculture, intégrant bien sûr la recherche de l'efficacité énergétique ( il faudra par exemple cesser de dégrader une énergie noble, l'électricité, en chaleur, notamment pour le chauffage).

2: les énergies de flux : solaire, vent, eau, auxquelles on peut ajouter la géothermie et la biomasse, prennent la place des énergies fossiles, pétrole, uranium, gaz ...

 

 

La comparaison portera principalement sur les coûts réels et les impacts sur l'emploi.

Les évaluations seront plus aisées pour le second scénario.

On connaît le coût de la réhabilitation thermique du bâtiment, d'une éolienne et son rendement dans des conditions précises, le prix du m2 de photopiles. Le montant des investissements pour accéder au tout renouvelable est chiffrable.

 

Le coût de la poursuite d'un programme nucléaire sera plus difficile à estimer. Notamment s'il s'agit d'exploiter des EPR, même plus sûrs et moins coûteux que celui de Flamanville dont l'avenir demeure incertain. Ne devait-il pas coûter 3 milliards et fonctionner dès 2012 ? Les estimations de la Cour des Comptes se montent à 20 milliards. Produira-t-il un jour aussi longtemps que Superphénix, stoppé après quelques années de fonctionnement (fin du démantèlement 2030)...

20 milliards c'est le coût de 7 à 8000 éoliennes de 3 MW. D'après le Manifeste Négawatt (à lire absolument), 17000 éoliennes produiraient la quote-part de l'énergie du vent permettant l'avènement du tout renouvelable en 2050.

Il faudra bien sûr inclure le coût du démantèlement des centrales et de la gestion des déchets nucléaires, bien que ce soit nos descendants qui l'assumeront.

L'extraction de l'uranium relâche dans le sol, l'eau et l'air des masses de matières radioactives, les stériles, mais au Niger et en Australie. L'enrichissement de l'uranium est très énergivore.

Nous ignorerons les risques d'accidents. Le coût de celui de tchernobyl dépasse de 3 fois le total des bénéfices de tous les réacteurs soviétiques à cette date... Notre nucléaire est « sûr ». Et d'ailleurs nous possédons des frontières imperméables. Nous l'avons bien vu lorsque le réacteur de Tchernobyl a explosé. Nos voisins peuvent dormir tranquilles. L'association des malades de la thyroïde, et la CRIIRAD ont bien mis en doute cette imperméabilité. Mais ce sont là que fantasmes d'anti-nucléaires primaires. Il faudra aussi distinguer ce qui dans la gestion du nucléaire relève du budget de l'Etat, la recherche par exemple. Le contribuable pourrait ne pas apprécier d'avoir à payer 2 fois son électricité. Il conviendra aussi de mesurer l'impact sur l'emploi respectif de chacun des 2 scénarios.

Mais ne doit-on pas s'étonner que tout cela n'ait pas déjà été débattu et que les médias ne se soient pas saisi du sujet ?

Bon courage, Barbara..

 

Michel Moreau Le 28/07/2020

Ex Administrateur de l'ADEME

Président fondateur de l'AJENA

Membre de la CRIIRAD

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 12:12

 

A la fin des années 70, dans le sillage de la mobilisation contre le surrégénérateur des Creys-Malville, j'ai entrepris une série de conférences. Non, le nucléaire n'était pas l'alternative aux énergies fossiles.

La solution n'était pas à chercher ailleurs que dans la maîtrise de l'énergie et le développement des énergies renouvelables.

 

En 1980 nous créons une association pour promouvoir une nouvelle politique de l'énergie, l'AJENA.

Le Jura fut doté du premier site photovoltaïque dans l'est de la France, installé par la société JES (Jura Energie Solaire) au chalet Gaillard.

Grâce à un stockage dans des galets puis dans le sol, le gymnase de St Lupicin et l'atelier de JES à Collonne près de Poligny sont autonomes en énergie.

Les chauffe-eau solaires apparaissent sur les toits de HLM à Lons le Saunier. En 1984 JES installait sur ma maison 8m2 de capteurs thermiques qui chauffent l'eau et par un PSD (plancher solaire direct) assure un confort thermique dans les chambres.

Si l'on m'avait dit alors que 36 ans plus tard on utiliserait encore majoritairement du gaz, du fuel ou de l'électricité pour faire monter la température de l'eau lorsque le soleil brille, je ne l'aurais pas cru.

Mais le lobby nucléaire veillait au grain. Le duo maîtrise de l'énergie et énergies renouvelables n'était pas à son goût.

Nommé administrateur de l'ADEME en 1992 par Brice Lalonde, je n'ai jamais pu – et ce n'est pas faute d'essayer - faire dénoncer ce non sens scientifique : le chauffage électrique.

 

Mais les temps changent . On sait aujourd'hui que le nucléaire peut ne pas être inoffensif et que l'électricité qu'il produit est plus chère que l'électricité des éoliennes et des cellules photovoltaïques et qu'un euro investi dans cette filière produit 5 fois plus d'emplois.

Ne parlons pas du démantèlement des centrales et de la gestion des déchets.

Il faudra donc former ces acteurs de la réhabilitation thermique du bâtiment et de la production et l'installation des éoliennes, capteurs thermiques et photovoltaïques.

Champagnole possède un lycée technique de haut niveau. Paul Emile Victor ne se réjouirait-il pas de voir s'y installer une formation de technicien supérieur dans ces 2 spécialités.

C'était la proposition que je faisais en 2010. Je serai probablement mieux entendu dans le monde de demain.

 

Michel Moreau Le 17 juin 2020

 

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 12:12

 

L'info paraît sérieuse . C'est l'ex chauffeur de Poulidor qui annonce le chiffre de plus de 1000 véhicules sur le Tour. Caravane publicitaire comprise. Bien sûr les 180 coureurs se déplaceront sans émettre de CO2. Cela ne fait pas pour autant du Tour un spectacle décarboné. Et c'est justement d'un avenir décarboné que nous parla le Président Macron dans sa dernière allocution. Les 1000 véhicules parcourent chaque année chacun 4000 kilomètres (4 millions de km en tout). Ils consomment à peu près 400 tonnes de carburant et émettent 3800 tonnes de CO2.

 

Les amateurs de sport, ou plutôt de spectacles sportifs, afflueront sur les routes jurassiennes, en voiture et camping car.

Amoureux du vélo, mais peu pratiquants, nos élus sont de fervents supporters du Tour qui fait de leur ville une « terre de cyclisme ». La formule n'est pas de moi.

Jeune coureur cycliste je rêvais du Tour et j'avoue l'avoir beaucoup apprécié. Voir un groupe de cyclistes défiler en ville pendant quelques secondes, même précédés d'un défilé publicitaire somptueux, n'est-il pas aujourd'hui un luxe dont il serait sain de se passer si l'on veut contribuer à donner une chance de survie à l'humanité.

60% des déplacements en voiture se font sur des distances inférieures à 5 kms.

 

Nos élus ont pris conscience que le monde après Covid ne serait plus le monde d'avant.

Sous la houlette d'un maire « technicien supérieur du développement durable », ils ont décidé de passer du volant au guidon , du « fauteuil roulant » au pétrole ou à l'électricité à la selle du vélo, tout neuf ou sorti d'un grenier, pour aller d'un point à l'autre de leur ville devenue enfin grâce à eux réellement terre de cyclisme.

 

Michel Moreau Le 17 juin 2020

 

 

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 15:51

 

L'eau potable est un bien commun. La collectivité doit en assurer la gestion. Confier celle-ci à une société privée, dont l'objectif est d'en tirer un profit, est un geste politique contestable.

Les édiles champagnolais et communautaires ont choisi la puissante société Veolia pour distribuer l'eau potable et assainir leurs eaux usées.

Les comptes de Veolia sont accessibles aux autorités locales, auxquelles nous posons les questions suivantes :

-Quel est le bénéfice annuel de la société délégataire

-Quelles sommes sont investies par Veolia dans l'entretien du réseau ?

-Quel en est le rendement ?

-Quel est le volume d'eaux usées traitées, … et non traitées ?

-Quelle est la teneur en nitrates et phosphates des eaux après assainissement ?

 

Aux questions concernant celui-ci on peut avoir un début de réponse. Pendant des années l'Agence de l'Eau a réclamé des travaux, notamment des bacs de rétention évitant le déversement d'eaux pluviales et usées non traitées dans l'Ain. Ils n'ont pas été réalisés, ce qui a valu à la Communauté de Communes, et non à Veolia ! une amende sévère. Le progrès s'en est fait l'écho.

Dans une station d'épuration, les matières organiques sont dégradées par les bactéries en phosphates et nitrates. Des analyses de l'eau en sortie de station nous renseigneront sur l'efficacité de l'unité de dénitrification très énergivore.

La mise en fonctionnement de l'épuration nous permettait d'espérer une amélioration de la qualité des eaux de l'Ain en aval de Champagnole. C'est le contraire qui s'est produit. Rien d'étonnant : ne sait-on pas par exemple que les phosphates favorisent la prolifération de cyanobactéries fort pathogènes.

 

On peut donc considérer que Veolia a fortement contribué à polluer notre bien commun, l'Ain. Pourquoi ne connaîtrions-nous pas le montant exact des profits réalisés grâce à cet « assainissement ».

 

Mais cette pollution n'est en rien dramatique aux yeux de nos édiles, sinon ils y auraient trouvé une raison solide pour résilier le contrat qui nous lie aux pollueurs.

Là où l'eau est gérée publiquement elle est généralement moins , et les réseaux, mieux entretenus, ont un rendement supérieur.

L'eau n'étant plus une marchandise, le bénéfice tiré de sa distribution doit être réinvesti dans l'entretien du réseau et le lagunage des eaux en sortie de station où des plantes macrophytes, joncs et roseaux, via la photosynthèse, produiront de la matière organique compostable.

 

Dernière mesure à caractère social :

L'eau sera facturée de façon progressive. Seront distinguées l' « eau vitale », les 30 premiers m3, quasiment gratuits, l'« eau utile » jusqu'à 120 m3, et ensuite l' « eau de confort ».

La régie permet de faire baisser le coût de l'eau pour le consommateur, tout en l'incitant à l'économiser, menant de front écologie et social. Il s'agit là d'une mesure en faveur du développement durable qui figurera probablement dans les programmes des municipales

 

 

Michel Moreau Le 18 février 2020

 

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 15:15

 

 

Au cours de divers mandats sous l'étiquette écologique, ni au niveau local, départemental ou régional ne m'est venue à l'esprit l'idée d'une proposition pourtant pleine de bons sens environnemental.

Mais n'est-ce pas là une magnifique preuve que l'écologie est aujourd'hui au centre des préoccupations, que cette idée jaillisse au sein de notre conseil municipal et ne soit adoptée avec un tel enthousiasme ?

Mais nos édiles n'avaient pas attendu les ravages du dernier ouragan aux Bahamas ni la canicule de l'été 2019 pour prendre conscience du problème des dérèglements climatiques et découvrir une source d'émissions de gaz à effet de serre : l'utilisation abusive de la voiture individuelle. L'idée que la plupart des trajets automobiles se fait sur moins de 5 kms les a profondément choqués.

Ainsi ils ont décidé de permettre aux personnes valides de ne pas déplacer une tonne de ferraille, ce fauteuil roulant mu au carburant fossile, voire à l'électricité, pour transporter un paquet de cigarettes ou le Progrès du jour. Ou même pour se rendre sur un lieu de travail proche. Ainsi le vélo serait roi dans la perle du Jura et pas seulement le jour où le Tour y passe. Et puis Champagnole avec ses rues larges et plates s'y prêtait admirablement.

Ainsi fut conçu et réalisé un réseau propre aux déplacements sains et rapides et d'accueillants trottoirs furent promus « pistes cyclables ».

 

Quelle ne fut la déception de nos élus lorsqu'ils réalisèrent que les efforts consentis en faveur du vélo dans leur ville n'étaient pas récompensés.

Leur imposant réseau de pistes cyclables était un flop. Le nombre de cyclistes restait insignifiant, les voitures de plus en plus nombreuses et les parkings de plus en plus vastes. Alors les élus réfléchirent : pourquoi les champagnolais pédaleraient-ils alors que nous-mêmes ne le faisons pas. N'est-ce pas à nous de donner l'exemple du vélo-civisme.

 

Ainsi un texte fut adopté à l'unanimité : la collectivité octroie à chaque élu un vélo de fonction – de type VTC pour les conseillers. Mais le Maire, le président de la Communauté de Communes, les adjoints, et même le chef de la minorité auront droit à un vélo électrique, justifié par leur rang et leur plus hautes responsabilités.

Cette décision m'enchante. Mais pourquoi n'ai-je pas fait moi-même cette proposition lorsque je siégeais au conseil municipal dans l'opposition ? Peut-être tout simplement parce que je possédait déjà mon 2 roues.

 

Les catastrophes écologiques annoncées par les scientifiques sont prises au sérieux. La décision champagnolaise en est une preuve, elle fera tache d'huile. Attendez-vous à d'autres surprises dans les programmes des prochaines Municipales.

Ne commence-t-on pas par exemple à s'étonner que l'on utilise encore gaz et électricité pour chauffer l'eau quand brille le soleil ?

 

Michel Moreau le 6/9/2019

michel-moreau.over-blog.com

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 11:00

 

Sygenta, Bayer, Montsantos, ces prospères multinationales tirent de beaux profits des terres du Minnesota, du Brésil, d'Ukraine, de Beauce ou des plaines du Jura Nord où travaillent actuellement non plus des paysans mais des exploités agricoles.

En faisant main basse sur l'agriculture, l'industrie chimique n'appauvrit pas les sols producteurs – le nombre de fermes qui disparaissent chaque année effraie – mais surtout stérilise leur outil de travail, le sol.

Les micro-organismes sont ses habitants qui lui donnent vie, et transforment les matières organiques en humus et minéraux assimilables par les plantes, le soleil aidant, via la photosynthèse.

Ce sont eux et leur compère le lombric qu'engrais chimiques et pesticides détruisent.

Sa faune en bonne voie d'anéantissement, le pouvoir nourricier du sol décline. Et celui-ci tend à n'être plus que le lieu commode, surtout s'il est plat, où l'on produit blé, betteraves et autre maïs... hors sol.

Cette chute de fertilité est palliée par un apport d'engrais chimiques qui, pour une production égale, doit être croissant. Le rendement, à ne pas confondre avec la production à l'hectare, est le rapport entre l'énergie produite et l'énergie injectée. Il décline. L'agriculture est entrée dans un cycle régi par la loi des rendements décroissants. Ce qui fait le bonheur de l'industrie des engrais chimiques et produits phytosanitaires.

 

Il est vital de sortir de ce cercle vicieux.

Des paysans, de moins en moins marginaux, les agrobiologistes, ont réusi cette révolution culturelle. C'est à eux que nous rendons hommage ce soir.

Alors butineuses, hirondelles, vers de terre, coquelicots, paysans, adieu ?

Non. A demain.

 

Michel Moreau  

 

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