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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 16:55

 

 

William Andrews guidant de la voix un enfant de 8 ans aveugle le long de la piscine. Tel est pour moi un des souvenirs marquants du début du jumelage entre les villes de Champagnole et Dukenfield, dont mon ami, aujourd'hui disparu, était alors maire et y exerçait la profession de maître-nageur dans un bassin intérieur datant de la fin du XIXe siècle, où tous les enfants apprenaient à nager dès l'école primaire.

Une piscine couverte fit naturellement partie du programme de la première liste écolo aux municipales de Champagnole.

Lorsque j'appris en 2015 le projet d'Aquaparc, je proposai que l'on conçoive une piscine innovante dans le domaine énergétique. En associant isolation extérieure, éclairage zénithal par solatubes, murs thrombe, capteurs solaires à air et stockage inter-saisonnier de la chaleur en sous-sol, une réalisation à énergie quasi positive était possible. Champagnole eut fait alors figure de ville pionnière.

Transmise à la comunauté de communes, ma proposition fut ignorée. Et la plupart des élus communautaires n'en furent jamais informés.

 

Le centre aquatique fit l'objet d'une présentation dans un bulletin municipal. La très grande surface vitrée qui allait faire jouir les pratiquants du crawl d'une vue imprenable sur le CES voisin m'interpella. Je m'enquis auprès des services techniques. Une étude thermique avait-elle chiffré la consommation d'énergie du bâtiment ? Non celle-ci n'était pas connue. Mais une étude serait réalisée par la suite. Je pensais que si celle-ci avait été concommitante à la conception, cela aurait été une bonne idée. Sans doute faisais-je preuve là de mauvais esprit. Et si étude il y eut, j'attendis en vain de la consulter.

Aujourd'hui il ne s'agit plus de prévisions. Les résultats d'une année de fonctionnement sont désormais connus des responsables et bien sûr, transparence oblige, ils seront accessibles à tout citoyen, éventuellement contribuable.

Cependant, mes questions tant au directeur du centre qu'aux techniciens de la communauté de communes sont restées sans réponse. J'ai même eu l'impression que l'on s'interrogeait sur les raisons de ma curiosité.

Déformé par quelques décénnies de luttes écolo, j'en vins à penser que la consommation d'énergie y est si conséquente que certains préfèrent cacher « ce gachis que l'on ne saurait voir ». Les citoyens ne s'interrogeraient-ils pas sur la volonté manifestée par leurs élus d'alourdir notre bilan carbone ?

 

Puis tout à coup la réalité m'apparut dans son aveuglante simplicité.

Non, si nos édiles ont tant de pudeur ce n'est pas parce que leur centre aquatique new look consomme trop de gaz mais bien parce qu'il n'en brûle pas assez.

Réfléchissons. En 1973 les décideurs de notre politique énergétique, super compétents car issus du corps des Mines, tablaient sur un doublement tous les 10 ans de la consommation d'énergie. Les pays arabes, par OPEP interposée, envisagaient de gérer eux-mêmes leurs pactoles pétroliers. Il nous fallait donc prospecter, forer, et surtout développer l'utilisation de cet uranium que l'on nous présentait comme la ressource illimitée pour un avenir radieux.

PEON, le Plan d'Energie d'Origine Nucléaire, projetait la création de 200 réacteurs à l'horizon 2000.

Un boulevard s'ouvrait à la production et à la consommaton d'énergie. Les chinois ne roulaient-ils pas encore à vélo. Et le progrès ne coïncide-t-il pas avec une courbe ascendante des TEP ou MW disponibles par habitant d'un pays ?

Hélas il y aura toujours quelques grincheux attardés aux yeus desquels sur-consommation ne rimerait pas à tout coup avec bonheur, ou même bien-être. Certains ne prêchent-ils pas pour une « sobriété heureuse » ? N'est-ce pas là discours de bobo qui n'a jamais connu la faim ni le froid ? Ne nous poussent-ils pas à manger moins de viande, sans s'interroger sur le devenir de nos éleveurs et des producteurs sud-américains de ce soja OGM qui donne de si belles formes à nos belles charolaises ?

Et l'hystérie les gagne quand ils évoquent le changement climatique à l'idée que le raisin mûrisse sur les pente de la Dôle, que la taïga sibérienne se mue en Beauce illimitée, et que les inuits, soulagés du froid, passent de l'élevage du renne à celui de la Montbéliarde. Il n'est même pas venu à l'esprit de ces gens obtus que le plus grand danger que le réchauffement nous fait courir est celui de diminuer les besoins de chauffage et de faire chuter les revenus des producteurs d'énergie, impactant ainsi négativement la prospérité générale.

 

Par bonheur la transformation macronique de la pensée est en marche. La conscience s'installe enfin que ce sont les riches qui rendent un pays riche, et que cette richesse ruisselera du sommet où trônent ceux qui ont réussi, jusqu'aux bas fonds où grouillent ceux qui ne sont rien et qui n'ont pas appris à nager à l'école primaire, menacés ainsi d'être noyés sous l'opulence.

Alors tous aux Tritons.

 

Michel Moreau Le 13/10/2017

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 11:46

 

Un écolo réaliste ça rêve énormément. Je ne suis pas l'exception à la règle. Il arrive même que de vieux rêves se muent, le temps passant, en nouvelles réalités qui, pour être être fragiles, n'entretiennent pas moins en moi un fond d'optimisme concernant l'avenir de cette Terre que nous squattons sans vergogne.

 

Qu'en sera-t-il de celui qui m'a ravi la nuit dernière ?

J'allais, avec Emmanuel Macron, pas à vélo, en marche. Lui, dynamique, à ma gauche, sans Brigitte. Sans doute voulait-il tester la nouvelle idée issue de son bouillant cerveau sur un élément masculin du corps professoral retraité. Je l'écoute.

Vous, écolo gauchisant, me situez à droite. Vous n'avez pas tout à fait faux. Sans doute j'accorde plus d'estime à celui qui a réussi qu'à celui qui n'est rien, à celui qui porte Cartier au poignet qu'au paumé qui rabiote 5 euros sur son APL pour s'offrir une montre à l'étal d'un brave sénégalais.

« Mon rêve » poursuit-il - mais pensais-je n'est-il pas président ? A quoi peut-il bien rêver aujourd'hui ? - « mon rêve c'est d'ouvrir à tous le chemin de la réussite. Je mets donc la liberté d'entreprendre au dessus de tout.  Uber Alles comme on disait outre-Rhin et maintenant Uber est là pour nous aider. »

Au diable taxes, contraintes, contrat de travail, tous héritages du passé, Front Populaire, Conseil National de la Résistance. Au diable cet égalitarisme qui à l'école freine l'ascension des meilleurs vers HEC, les Mines, ou l'ENA. Dans la course au succès social et bien sûr financier, que le meilleur l'emporte !

Mais Brigitte est là, elle qui m'initia à la comédie puis me prépara au pouvoir. Voilà ce qu'elle me dit : « la recherche effreinée du Veau d'Or cela va un temps mais ne séduit pas tout le monde. »

 

Alors me vient à l'esprit le second terme de notre devise nationale, l'égalité.

Des hommes égaux en droit et en devoir, pourquoi pas après tout. Mais à chacun selon ses besoins, voilà une notion bien dangereuse pour une société ouverte. Et d'ailleurs les besoins de celui qui manie la visseuse sur la chaîne peuvent-ils être comparés à ceux de celui qui décide du rythme du travail ? Vouloir réduire la disparité des revenus serait un non-sens économique.

Cependant, quand point l'heure de l'inactivité professionnelle, promouvoir un peu d'égalité ne conduirait-il pas à se sentir un peu moins différents, plus frères.

Alors j'ai enjoint à mon ministre des finances de calculer la somme versée à tous les retraités. Qu'il s'agisse de retraites chapeaux, de l'artisan, du fonctionnaire, jusqu'au minimum vieillesse. Ainsi en divisant par le nombre de retraités nous aurions la somme que chacun perçevra.

 

Ravi, je bois les paroles du président, souhaitant silencieusement qu'il soit doté du pouvoir de Jupiter.

Mais j'entends déjà son ministre des finances LR : « Scandaleux ! Vous voulez déposséder ceux qui doivent leur réussite au travail au profit de ceux qui ont vécu de prestations socliales ruineuses pour l'économie et qui se sont prélassés leur vie durant sur un confortable matelas d'allocations chômage, RMI, RSA, en attendant une vieillesse qui leur permettrait de se loger confortablement et de manger bio. »

Je me lance et ose ces remarques. 

Il rit et conclut : « après les conservateurs de gauche, je m'attaquerai au conservatisme de droite, qui existe bien. J'en suis conscient.

J'ajoute : « je sais que chaque matin vous vous levez, décidé à améliorer le monde. Maiscéradiquer la pauvreté chez les seniors, quel rêve généreux. »

Là-dessus je sors de mon sommeil en pensant :  «  quel génial transformateur de notre société, ce Macron. Il faut que je fasse part de ce rêve à mes amis et au-delà à ceux de la France en marche. »

Quoique plutôt cycliste il doit bien y avoir quelques marcheurs dans mes connaissances. Ils me prêteront une oreille attentive et le rêve de leur leader s'imposera comme la clé d'un monde plus fraternel. Mais les créateurs de notre devise républicaine « liberté égalité fraternité » n'étaient-ils pas déjà de grands rêveurs ?

 

Michel Moreau michel-moreau.over-blog.com

Le 08/09/2017

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 19:18

 

Sous le signe de l'union sacrée du Tour de France et de notre Département, Champagnole, Cœur du Jura, a vécu un jour qui fera date dans l'Histoire. Notre ville a fait honneur à ce titre de Terre de Cyclisme que lui attribua un récent bulletin municipal à l'occasion d'un précédent grand spectacle sur 2 roues.

Mais, dans cette perle sertie dans son écrin vert, le cycliste n'est-il pas roi, lui qui peut – ce qui est évidemment interdit au piéton ou à l'automobiliste – aller de la chaussée au trottoir, parfois humoristiquement baptisé « piste cyclable ».

Et pourtant est-il supérieur à 1% aujourd'hui le rapport entre vélos et véhicules mus par ces moteurs dont la paire Macron/Hulot a fixé la limite temporelle à 2040 ?

Et ce 8 juillet 2017, entre midi et 14 heures, il y eut presque la parité entre les amateurs de déplacements doux aux mollets d'acier et les adeptes des moteurs polluants.

Un pas gigantesque a été franchi vers la transition écologique et cela méritait bien un hommage.

Ce qui n'a pas échappé à notre ex-maire, président du Conseil Départemental et aspirant-sénateur. Et il fallait bien expliquer aux jurassiens qu'un euro investi dans ce spectacle en fait tomber 10 dans l'économie locale.

 

Alors dans l'édito de la brochure consacrée au Tour et largement distribuée, Clément Pernot, dopé* par sa seule passion, a passé le grand braquet.

Ainsi il nous apprend que le concepteur de ce parcours de rêve, de cette étape passionnément jurassienne, c'est lui ! Mais qui eut pu mieux guider les 198 forçats de la route, pour qu'ils soient au contact de nos richesses culturelles, naturelles et des savoir-faire de notre territoire.

J'éprouve une crainte. Les panneaux publicitaires athlétiques et filiformes ne risquent-ils pas de trouver fades, une fois laissées derrière eux les affiches « Made in Jura », les sauts de puce en avion de Chambéry à Périgueux, de Marseille à Paris, ainsi que les chevauchées alpines, pyrénéennes et Champs-Elyséennes ? De ce D-Day Made in Jura, il restera quelque chose. Notre édile local qui cotoie obligeamment les grands du cyclisme, mettra en accord ses actes et ses discours – ce qui relève de l'exploit pour un politicien. Ainsi nous pourrons le voir, plus serein et bienveillant que jamais, rejoindre le siège de la communauté de communes distant d'au moins 500 mètres du centre ville, en équilibre sur un VTC tout neuf, sans assistance électrique, à un train de sénateur, en route pour le palais du Luxembourg.

Que du bonheur.

 

Michel Moreau  

 

* ce vocable m'a échappé. Il est inconvenant lorsqu'il est question de sport.

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 19:51

 

Un article paru dans la Voix du Jura nous apprend tout sur le projet éolien de Chamole et notamment sur ses retombées économiques pour la commne, la communauté de communes, le Conseil Départemental et la Région (de 45000 à 54000 euros par an).

En vérité nous ne savons pas tout. Nous ne savons rien en effet des retombées économiques pour la société privée qui réalisera le projet et pour ses actionnaires. Ceux-ci sont souvent de grands groupes financiers, tels les fonds d'investissements australiens propriétaires du premier site éolien de Franche-Comté implanté sur le Lomont.

Y a-t-il là un tabou ?

 

Les élus favorables au projet ont-ils interrogé les investisseurs ? Si oui, peuvent-ils répondre aux questions suivantes :

 

Combien la vente d'électricité à EDF rapportera-t-elle par éolienne installée ?

Quel sera le temps de retour sur investissement ?

Il semble bien que tout citoyen qui jouira dans son environnement de la proximité des éoliennes est en droit d'avoir accès à ces informations.

Nos élus ont-ils envisagé la possibilité pour la collectivité de gérer cette ressource aussi naturelle que l'eau ou le soleil ?

Se sont-ils informés de la façon dont l'énergie du vent est exploitée par la puissance publique, souvent au niveau d'une communauté de communes qui fait aussi appel à l'épargne locale. C'est ainsi que cela se passe en Allemagne, au Danemark, ... et même en France, en Mayenne par exemple.

 

    Merci à la Voix du Jura que nous encourageons à encore plus de curiosité.

     

    Michel Moreau le 28/05/2017

     

    http://michel-moreau.over-blog.com/

     

     

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    28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 19:04

    Des idées plutôt que des sièges

     

    Comment assurer à l'homme un avenir sur Terre ? Ceci ne devrait-il pas être un des thèmes majeurs de la campagne des législatives ?

    Jean Luc Mélenchon l'a bien compris, même si ses convictions écologiques, très sincères, sont relativement récentes. Echapper à l'impasse climatique et environnementale impose une autre façon de produire et de consommer, en premier lieu notre énergie et notre alimentation, en harmonie avec la nature.

    Et c'était bien là le cœur du programme de J.L Mélenchon aux Présidentielles auquel nous avons adhéré avec enthousiasme.

    C'est aussi le message que porteront les candidats investis pour les législatives par le leader insoumis.

    Certains s'interrogent sur l'absence d'un accord entre FI, EELV, PC et ce qui subsiste du PS autour de Benoît Hamon, pensant que cela aurait permis l'élection d'un nombre suffisant de députés pour imposer une cohabitation de gauche.

    Ceux-là n'ont pas compris le dessein de JL Mélenchon : au diable les calculs politiciens. Dégageons-nous des calculs d'appareils.

     

    Voilà ce qui compte : passer des énergies fossiles et du nucléaire qui produit 15% de notre énergie (75% de l'électricité, qui compte pour 20% de l'énergie finale consommée en France) aux énergies renouvelables. Et aussi aller vers une agrobiologie qui préserve son outil de travail, la terre, l'eau et la santé des Hommes.

    Il est évidemment vital de promouvoir ces idées. Et dans un souci d'efficacité, ne vaut-il pas mieux qu'elles soient relayées dans chaque circonscription par 3 ou pourquoi pas 4 candidats qui les partagent, que par une seule voix. C'est justement parce qu'ils sont d'accord sur l'essentiel qu'ils doivent unir leurs discours mais surtout pas leurs candidatures.

    Dans le Jura il n'y aura malheureusement que 2 défenseurs de ce projet par circonscription. PS, PC et Verts ne présentent en effet qu'un candidat. Mais le Jura n'est qu'une exception.

    La gauche insoumise l'a bien compris : c'est pour des idées qu'il faut se battre et non pas pour des sièges. Voilà enfin qui s'appelle bousculer les codes.

     

    Michel Moreau http://michel-moreau.over-blog.com/ Le 28/05/2017

     

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    28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 16:05

     

    J'ai beaucoup de sympathie pour Jean Luc Mélenchon. Je lui dois aussi. C'est lui qui m'a incité à sortir du PS. A mes yeux ce parti au lancement duquel j'ai participé dans le Jura, après le Congrès D'Epinay, était porteur de cette révolution écologique qui ne pouvait être que sociale.

    En censurant mes articles destinés à la Tribune du Jura, le jeune rédacteur en chef m'a fait clairement voir que je me trompais. Les divagations d'un écologiste sur le nucléaire et sur l'insanité du choix du chauffage électrique aux Pléiades n'avaient pas leur place dans une feuille socialiste.

    J'ai suivi son action au PS, son accession au Parlement Européen.

    C'est peu de dire qu'il m'émerveilla lorsque je l'entendis avec autant de sincérité que de verve reprendre ce thème vital d'un avenir sans pesticides ni nucléaire.

     

    Fillon, Cahuzac et leurs bruyantes casseroles, le flou de François Hollande, allaient peut-être me faire basculer dans le camp, en pleine croissance, des PRAFistes ('Praf' = plus rien à foutre).

    Puis vint cette primaire du PS et l'élection surprise de Benoît Hamon qui tenait le même discours que JL Mélenchon sur le nucléaire, le changement climatique, l'agriculture, notre alimentation...

    Une fenêtre s'ouvrait.

    Prétextant de divergences sur l'Europe – mais la révolution écologique et sociale ne devrait-elle être qu'une spécialité française – JL Mélenchon pourrait très bien la fermer.

    Sans doute sa course, même vaine, vers l'Elysée, sera spectaculaire. Avec panache il arpentera les estrades, il s'envolera aux tribunes. Je rirai de ses bons mots. Il me faudra cependant faire un gros effort pour le prendre au sérieux. C'est triste.

    JL Mélenchon n'est-il pas trop intelligent pour commettre une erreur dont les conséquences dépasseraient tellement sa personne ?

     

    Michel Moreau   Le 28 février 2017

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    31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 16:12

     

    Ce dernier samedi de janvier, dans le ruban continu des véhicules thermiques, on les repérait aux puissants ronronnements de leurs moteurs gonflés ainsi qu'à leurs carrosseries colorées arborant pubs et numéros.

    A vélo, le long de l'avenue de la République, j'en doublai quelques uns de ces bolides. Sur un petit bijou de mécanique je pus lire une enseigne : « Energies Renouvelables ». J'appréciai ce clin d'oeil malicieux et saluai chaleureusement le pilote à la fois pro-éolien et climato-sceptique qui, roulant au pas, l'arrière-train bien calé sur son siège était pleinement conscient de participer à une épreuve sportive. Après reconnaissance du parcours, il allait accomplir 3 tours de circuit, soit 200 kilomètres, dont quelques uns sur des routes par bonheur encore enneigées.

    Ce jour-là mes circuits urbains cyclistes se limiteraient à quelques minables 10 kilomètres dont 2 ou 3 pourtant sur une piste cyclable recouverte de glace.

    161 voitures de « sport » pétaradant sur 270 kilomètres pour 8 modestes litres aux 100, ont consommé à peu près 3,5 tonnes de carburant, dont la combustion a généré entre 7 et 8 tonnes de CO2 et combien d'oxydes d'azote et de ces particules plus ou moins fines qui ont une prédilection pour nos alvéoles pulmonaires. Et tout cela coïncidait comme par un heureux hasard avec un pic de pollution atmosphérique.

     

    On ne peut que s'interroger sur notre capacité à remettre en cause notre mode de consommation. On a même entendu des élus se féliciter du retour de la Ronde du Jura à Champagnole !

    Or limiter l'utilisation de l'automobile n'est-il pas une des priorités de cette transition écologique qui est un des piliers du programme du candidat de la Belle Alliance Populaire à la présidence de la république. J'ai découvert dans le Progrès que le secrétaire de la section PS de Champagnole – non, je ne plaisante pas, cela existe – s'était déclaré soutien de Benoit Hamon après son succès au 1er tour de la Primaire. Et pourtant que 161 pilotes osent dilapider tant de pétrole pour leur seul plaisir ne l'a pas mis en colère. Ou du moins il n'a évoqué le problème ni à la communauté de communes ni au conseil municipal de Champagnole.

     

    Il aura peut-être pensé en voyant que 2 personnes prenaient place dans chacune de ces voitures sportives, le pilote et le co-pilote, qu'il s'agissait là d'une grande démonstration de co-voiturage.

    Je lui suggère de proposer que la prochaine Ronde du Jura soit financée par des crédits alloués à la Communauté de Communes pour le plan Climat-Energie et la Croissance Verte.

     

    Michel Moreau http://michel-moreau.over-blog.com/ le 31/01/2017

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    27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 15:39

     

    La notion d'air pur était associée dans nos esprits à notre Jura du moins ses plateaux et ses monts. CO2, dioxyde de soufre, oxydes d'azote et autres particules plus ou moins fines étaient l'apanage des métropoles industrielles voire de pays tournant le dos au nucléaire, l'Allemagne notamment. Et voilà qu'anti-cyclone aidant, notre vert département fit son entrée en zone polluée. La Perle du Jura vît son éclat ternir.

    Bien sûr partie du problème nous vient d'ailleurs. Mais nous ne vivons pas plus proprement que les autres. Surtout nous nous déplaçons au moins autant dans des véhicules à moteur thermique que lyonnais ou parisiens. Et la voiture individuelle engendre un pourçentage considérable du total des polluants.

    Il est bon de réduire la vitesse, mais pas seulement lors des pics de pollution. Ainsi passer de 90 à 80 sur route et 110 sur autoroute diminuerait de 10% notre consommation d'essence ou de gasoil. C'est 10 % de la pollution dûe aux transports en moins sans le moindre coût.

    Le Préfet nous encourage à pratiquer le co-voiturage. Pourquoi les collectivités locales n'en prendraient-elles pas en charge l'organisation ?

     

    Un chiffre nous interpelle : 50% des trajets en voiture se font sur des distances inférieures à 3 km - donc avec des moteurs froids sur-polluants – et 9 fois sur 10 avec une personne à bord sauf bien sûr avec les enfants sortis de l'école.

    Doit-on accepter cela comme une fatalité ou proposer des solutions ?

    Faisons un pari raisonnable. Dans 5 ans 50% des adultes valides, en plus des ados bien sûr, prennent place sur une selle et utilisent leur propre énergie quand leur destination se trouve dans un rayon de 3, voire 5 kms.

    Pour passer du siège de conducteur à la selle, de la pédale d'accélérateur à celle du pédalier, du volant au guidon, celui qui est habitué à sa voiture mérite quelques encouragements.

    Exercer une activité physique est salutaire. Aussi considérons le vélo comme un moyen de transport non pas doux, comme on l'entend souvent, mais actif.

    Le pari des 50% d'adultes valides convertis aux 2 roues n'est pas insensé. Peut-être un jour comme dans certaines villes proches telle Yverdon, nous approcherons de 100%, laissant la voirie urbaine dédié à l'automobile aux personnes âgées ou vivant avec un handicap physique et à nos visiteurs.

    Rendre sûre et agréable une pratique sportive en ville implique de faire un choix politique, courageux parce que peu porteur électoralement, mais vital pour la protection de l'air, du climat, de la santé.

     

    Le vélo sera plus attrayant en ville que la voiture si nos édiles osent prendre des mesures qui réduisent la circulation automobile (30 km/h intra-muros, stationnement limité... ).

    C'est très sympathique de projeter une piste cyclable pour aller à Chalain en été. La financer avec des crédits prévus pour la transition énergétique et la croissance verte est une mauvaise plaisanterie. Cet argent doit aller à des pistes cyclables urbaines utilisables toute l'année.

     

    Nous pouvons espérer. Nos élus, qui vouent une telle passion au Tour de France, rêvent sans doute comme moi d'une Perle du Jura où les enfants feront l'apprentissage de l'autonomie en allant comme des grands à l'école à vélo.

     

    Mais sachant ce que l'on sait concernant la modification exponentielle du climat, l'inertie est irresponsable. Alors Champagnole, « terre de cyclisme », comme on le lisait dans un récent bulletin municipal, ou circuit automobile ?

     

    Michel Moreau http://michel-moreau.over-blog.com/ Le 27 janvier 2017

     

     

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    18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 15:23

     

    En 2013 une nouvelle m'étonne : les australiens nous vendent, à EDF en l'occurrence, de l'électricité produite par des éoliennes sur un lieu venté bien de chez nous, le Lomont.

    En effet des fonds de pension d'outre-Pacifique s'étaient portés acquéreurs du premier site éolien de Franche-Comté.

    Comment ces gestionnaires financiers en sont-ils venus à investir dans la production d'énergie renouvelable dans une région si éloignée de leur base ?

    Bien sûr l'Australie, tout comme le paisible Niger, assiste la France dans sa quête d'autonomie énergétique en nous procurant, l'uranium, cette source miraculeuse d'énergie décarbonée, chère à Arnaud Montebourg.

    Nous ne mettons pas en doute le caractère écologiquement responsable de cet investissement. Mais la finance mondialisée n'est-elle pas mue par une motivation plus terre à terre : faire au mieux fructifier son capital.

    Le fait que des fonds de pension aient décelé une source de profit dans ces courants qu'Eole fait circuler sur un sommet comtois n'a pas échappé à Jean-Louis Dufour, maire de Chamole.

    Ainsi un des 6 aéro-générateurs de 3Mw de puissance du site jurassien sera la propriété d'une société d'économie mixte regroupant des collectivités, à l'exception pour l'instant du Département, ainsi que de citoyens réunis dans des clubs d'investissements. La rémunération de leur épargne devrait avoisiner les 4 %.

    Voilà qui ouvre une voie qui pouvait déjà sembler évidente. Le vent qui souffle sur nos crêtes, nos plaines et nos têtes est bien un trésor public. C'est l'ensemble des retombées financières qu'il génère, et non quelques miettes, qui doit être consacré localement à des projets éducatifs, sociaux, environnementaux, culturels, portés par des élus responsables.

     

    Oui, il est tout à fait possible pour une collectivité – le niveau de l'intercommunalité semble pertinent – d'assumer l'entière propriété d'un site éolien. Cela se fait à l'étranger et déjà, ici et là, en région Poitou-Charentes par exemple, dans une France encore droguée à l'oxyde d'uranium. Le temps de retour sur investissement est intéressant. Il s'apprécie en connaissance du potentiel éolien du site, de la nature et de la taille des machines.

    En 1973 je proposai que l'on réhabilite la centrale hydraulique de la Roche, près de Champagnole. Cela fit sourire. Le nucléaire prenait son essor et les premiers réacteurs annonçaient une puissance de 900 Mw.

    Maurice Fumey Badoz, quelques années plus tard, reprit l'idée et dota ainsi Champagnole d'une source d'énergie renouvelable, modeste, bien que satisfaisant les consommations de 4 à 500 familles, ainsi que d'un revenu apprécié aujourd'hui.

    Si la Porte du Jura s'équipe d'éoliennes, à Valempoulières, sur les hauts de Foncine, au pied de la Haute Joux, et même sur notre tutélaire Mont Rivel, voilà ce que nous pouvons réaliser sue le plan éducatif, sportif, culturel, environnemental, et par exemple manger bio à la cantine... Imaginons nos élus tenant ce langage. Ne réduiraient-ils pas à néant cet argument des anti-éoliens : « ils s'en mettent plein les poches en détruisant notre paysage » ?. Montrons que le vent peut être un moteur de développenent local, créateur d'emploi. Citoyennes, nos éoliennes, de handicap visuel, deviendraient des atouts pour notre environnement.

     

    Michel Moreau    -    Champagnole, le 18/12/2016  

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    6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 19:54

     

    Ce Center Parks que Pierre et Vacances agite telle une carotte au nez de no édiles, semble bien aux yeux de ceux-ci constituer un de ces « projets structurants » dont Franche-Comté et Jura ont tant besoin. Il y a bien alliance objective entre Président du Conseil Départemental et Présidente de la Région, deux décideurs politiques à première vue très différents.

    L'adhésion de Clément Pernot va de soi. Les développeurs de l'hyper tourisme ont su le séduire aussi aisément que ceux de l'hyper commerce. Artificialiser 30 hectares de forêts de Poligny ne pose pas plus de problèmes que transformer 15 hectares de terres fertiles à Champagnole en parkings de supermarchés.

    Et les entreprises de travaux publics, secteur d'activités où le rapport création d'emploi et capital investi est le plus faible, n'ont-elles pas le devoir de se développer ?

    Nous ne saurons pas si les notions de bio-diversité, de changement climatique effleurent l'esprit du premier personnage du Jura. Elles n'influencent pas ses choix de développement. Prendra-t-il un jour la voie de l'innovation sociale, économique et environnementale.

    Tel n'est évidemment pas le cas de Marie-Guite Dufay.

    Ses prises de position sur la transition énergétique ont le mérite de la clarté. Nous pouvons donc soumettre à son bon sens l'incompatibilité du projet de Pierre et Vacances avec ce développement soutenable, qui seul peut prévenir cette sixième extinction des espèces qui n'épargnera pas la nôtre.

    Nous savons que la bio-diversité doit être protégée. Pouvons-nous cependant grignoter 30 hectares de forêts ?

    Bien sûr Poligny possède un vaste domaine forestier. Mais celui-ci ne doit-il pas être préservé ?

    On parle de mesures compensatoires. De quoi peut-il s'agir. Plantera-t-on la même surface (mais où..) en essences similaires ? Poligny fera-t-elle l'acquisition d'une parcelle de pins dans les Landes, ou participera-t-elle à la culture de palmiers à huile en Indonésie pour y produire des bio-carburants ?

     

    Et l'eau ?

    Le problème de l'alimentation en eau étant résolu, plus rien ne s'oppose à la réalisation du Center Parks, proclament nos édiles.

    Mais, quelle que soit son origine : Ain, Loue, ou côte de l'Heute, l'eau n'est-elle pas une ressource précieuse que la collectivité offrirait à Pierre et Vacances, et qu'il faudra bien acheminer puis épurer, en éliminer quantités de chlore, à quel coût ?

     

    Nous en venons donc à l'aspect énergie du projet, qui ne semble pas préoccuper les élus. Et pourtant, notre avenir est lié à la façon dont l'énergie sera consommée, maîtrisée ou gaspillée.

    La Région a un programme ambitieux de réduction des besoins, notamment dans l'habitat. Comment imaginer maintenir une température de 29° en toutes saisons dans une immense bulle, pour y permettre, bio-diversité oblige, la croissance de palmiers au cœur de la forêt de sapins ?

    Les pavillons, disséminés dans les arbres, ne bénéficieront pas d'apports solaires permettant une architecture bio-climatique.

    On parle de chauffage au bois. Cette ressource, renouvelable mais limitée, doit satisfaire des besoins existants dans l'habitat collectif en se substituant au chauffage électrique.

    Quant au biogaz, il peut bien sûr être produit dans une grosse usine de méthanisation pour chauffer le centre. Ceci multipliera les transports de fumier, lisier, puis de matières à épandre.

    Il serait plus judicieux de construire des bio-digesteurs de taille plus modeste, le méthane fournissant chauffage et électricité aux locaux agricoles et même un carburant pour les tracteurs, contribuant ainsi à l'avènement d'une agriculture à énergie positive.

     

    Grignotage du patrimoine naturel, gaspillage d'eau et d'énergie, utilisation non pertinente d'énergies renouvelables, bois ou biogaz, voilà un bon coup de pouce local au réchauffement global qui d'ici 2050 aura généré 250 millions de migrants selon une agence de l'ONU.

     

    Mais qu'en est-il de l'argument numéro 1 de nos décideurs : le développement économique et la création d'emplois ?

    171 millions d'euros d'argent public et privé – celui-ci pouvant aussi être investi de façon écologique et solidaire – créeraient à Center Parks 170 emplois : dans un petit paradis tropical sans insectes, 1 emploi créé par million d'euros ! Il n'y a que les travaux publics qui peuvent faire moins bien...

     

    Imaginons ce que l'on pourrait faire avec la même somme investie dans la transition énergétique :

    On crée d'abord un parc éolien de 10 à 12 unités de 3 MW de puissance, amortissables en 7 à 10 ans, propriété de la collectivité locale qui a fait appel aussi à l'épargne citoyenne.

    On intalle 2000 mini centrales phovoltaïques, l'équivalent de 6000 m2 de photopiles, qui produiront 900.000 KW/h/année.

    La biomasse alimente 200 chaufferies collectives d'une puissance unitaire de 150 KW.

    Il reste assez pour réhabiliter thermiquement 2150 logements sociaux de 65m2, assurant confort et économies à une population souvent en état de précarité énergétique.

    Et 10 millions d'euros (50.000 euros par opération) aideront à la création de 200 gîtes ruraux, de préférence à la ferme, aidant ainsi au maintien d'une agriculture paysanne.

     

    Comment pourrait-on promouvoir le Center Parks sans procéder en amont à une étude comparative sérieuse pour déterminer le projet qui présente la plus étroite et la plus féconde corrélation entre efficience environnementale et performance économique et sociale.

    Pour Marie Guite Dufay ceci doit être une évidence. Quant à Clément Pernot on peut toujours espérer qu'il soit touché par la grâce..

     

    Michel Moreau michel-moreau.over-blog.com le 6/11/2016

     

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